Article choc / Poésie trash / C’est presque 50 shades of grey, man!

Quand j’avais 18 ans, je détestais la poésie.
Je trouvais qu’il n’y avait là que démonstrations d’amour incommensurablement clinquantes, lentes agonies, questionnements intenses et explications incompréhensibles.
MAIS JE ME TROMPAIS.

Un jour, plus tard, dans un cours de littérature,  J’ai découvert la poésie, et je l’ai appréciée, même.  J’ai lu des trucs enlevants.  Des trucs qui tuent, qui arrachent les larmes de nos yeux.  Qui nous rendent malades.   J’ai lu des trucs inconcevables.  Des trucs qui m’ont plaqué un sourire aux lèvres.  Qui m’ont donné envie d’être amoureuse.
Qui m’ont donné envie d’être amoureuse.

On attache parfois tellement d’importance à quelque chose, qu’on voudrait que chaque personne avec laquelle on partage cette chose, puisse ressentir les mêmes émotions intenses qui nous traversent vis-à-vis cette chose.   J’ai plusieurs de ces choses, mais une d’entre elles, c’est le recueil Calme Aurore (s’unir ailleurs, Du Napalm Plein l’œil), de Danny Plourde. Honnêtement, je ne guérirai jamais d’avoir lu ce recueil.

Côté écrit poétique déjanté, j’ai trouvé mon compte lorsque j’ai lu le recueil Il pleut en amour, de Richard Brautigan.  Rapide mise au point : Il n’est aucunement questions de pluie et d’amour platonique dans ce recueil.  On saute d’absurdités aux phrases les plus incongrues que j’aie pu voir.  Garçons : Cela vous fera sans doute sourire et apprécier la poésie instantanément.

NB.enpleinmilieud’untexte : Lisez plus bas pour la partie sérieuse.


——————-Ode à l’absurde / A.K.A Richard Brautigan——————-
Richard Brautigan 1084 richard-brautigan

Brautigan, c’est du pâté chinois.
C’est le rictus d’une mauvaise blague.
C’est le petit poil sur le bol de toilette qui t’empêche de t’asseoir.
Assez dérangeant.
(Ma métaphore s’explique en le lisant / et juste à le voir, messemblequetucomprends)

30 décembre
À 1h03 du matin l’odeur
d’un pet évoque les épousailles
d’un avocat et d’une tête de poisson.
Il faut que je sorte du lit
pour noter ça sans
mes lunettes.

Il y a ceux qui m’ont fait rire avec éclat :

Accident sexuel
L’accident sexuel
qui est devenu ta femme,
la mère de tes enfants
et la fin de ta vie, est à la maison
en train de faire à dîner pour tous tes amis.

Et il y en a beaucoup, aussi, que je ne comprends juste pas :

Vers les plaisirs d’un corbeau reconstitué
Vers les plaisirs d’un corbeau reconstitué
je rassemble l’obscurité à l’intérieur de moi-même
comme l’ombre d’un phare aveugle.

Je ne sais pas si c’est le plus gros tas de métaphores du monde, mais si oui, c’est recherché en mautadibine.  Entre un haïku vraiment weird et un poème d’amour louche, je ne sais pas à quel point je l’aime/déteste.
Tsé.  Il parle de fellation d’une façon si jolie. C’est difficile d’être indifférent.

On ne me l’avait jamais fait aussi gentiment
Les nectars sucrés de ta bouche sont

pareils à des citadelles baignées de miel,
on ne me l’avait jamais fait aussi gentiment.
Tu as entouré mon pénis d’un cercle
de châteaux que tu fais tourbillonner
comme la lumière du soleil sur les ailes des oiseaux.

DE QUOI RENDRE JALOUSES TOUTES LES LECTRICES DE FIFTY SHADES OF GREY !

Je vous ai gardé la perle pour la fin, en version originale, en anglais :
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—————————-Ode au mal d’aimer / A.K.A Danny Plourde—————————-

DannyPlourdeOeuvre      828902-gb

Ok, je sais que c’est difficile de se concentrer après avoir été témoin visuellement des écrits de Brautigan. Mais ça vaut la peine de continuer un tout petit peu encore, pour découvrir Plourde.  Le gars qui m’a aidé à sortir de ma première peine d’amour, à 18 ans.  Un gars que je reconnaissais dans les écrits.  Un peu perdu, naïf, sans malice, mais trop maladroit.
Je ne peux pas décrire de façon assez forte mon amour, et l’admiration que j’éprouves devant ses poèmes. Lisez-les.
Imprégnez-vous du Québec comme de la Corée.  Du mal de vivre, comme de l’amour.
Danny Plourde, c’est du nationalisme d’âme.
C’est du romantisme emmêlé.
La brise qui dépose mes cheveux sur mes lèvres un peu collantes de rouge à lèvres.
Juste assez dérangeant.

Massacrer la vie qui presse
à coups de révolutions de taverne
et foutre la mémoire mutilée
au fond du crématoire

tout pour renier
qu’il est possible d’écrire
sa propre histoire

le sort de l’humanité
se situe peut-être là l’instant même où s’impose
un choix

entre l’inquiétude et l’indifférence
le poème est insoutenable

Pis, t’aimes ça autant que moi, la poésie ?

Hihihi !

-Roxanne, T&D.

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